Leçons dans l'apprentissage du chinois : Greg Bell
Aujourd'hui, nous mettons à l'honneur Greg Bell. Originaire du New Jersey, il a fait ses études supérieures dans le Michigan, puis a parcouru la moitié du globe pour s'installer à Taïwan, où il prépare actuellement un master en histoire. Il raconte ses aventures dans l'apprentissage du chinois (et du japonais !) sur son blog, et vous pouvez le suivre sur Twitter @Zhongruige.
Merci, Greg, et bonne lecture à tous !
Depuis combien de temps étudiez-vous le chinois ? Dans quel contexte ? Dans quel but ? Pourquoi avez-vous commencé ?
J'étudie le chinois depuis 2005, mais mon intérêt remonte vraiment à mes études de japonais. Au lycée, j'ai décidé d'essayer les cours de japonais. Trois ans d'espagnol, puis le japonais, pourquoi pas ? L'enseignante était particulièrement ferme sur l'importance d'apprendre d'abord les kanji, et de nous apprendre à ne pas craindre les caractères, pour ainsi dire.
Après avoir commencé l'université en 2004, j'ai remarqué que mon colocataire travaillait sur cette langue qui semblait folle, impossible à déchiffrer, REMPLIE de ces caractères, apparemment appelée chinois. Je me suis dit, tu sais, ça serait très amusant à apprendre ! En tout cas, ce sont vraiment les caractères qui m'ont attiré au départ. Depuis, j'apprends le chinois à l'université, dans un centre linguistique à Taïwan, et maintenant par moi-même pendant mes études de master. Les raisons d'apprendre une langue sont différentes pour chacun ; la mienne est un pur intérêt, donc ma motivation principale est simplement de vouloir en apprendre plus sur la langue et de percer la longue histoire et l'évolution du système d'écriture unique de la Chine.
Avez-vous une certaine philosophie dans votre approche de l'apprentissage du chinois ? Avez-vous des grandes 想法 (idées) sur tout cela ?
« Un plaisir sérieux. » Simplement, il faut suivre ses intérêts et voir jusqu'où ils nous mènent ! On sait ce qu'on aime ou non, et il faut essayer de suivre cela tout au long de ses études, peu importe à quel point on a l'impression de ne pas être « en train d'étudier vraiment ». Je suppose que c'est une sorte de philosophie de base : étudier n'a pas besoin de donner l'impression d'étudier. Le fait de ne pas ouvrir un manuel ou de faire 500 répétitions SRS ne signifie pas qu'on n'étudie pas. En fait, ce qui est plus important, c'est d'interagir avec la langue d'une manière ou d'une autre. Écouter une chanson. Regarder une vidéo. Lire un livre/ un manga / un magazine. Lire les actualités en ligne. Jouer à un jeu vidéo. Feuilleter un manuel par plaisir. Quoi qu'il en soit, tant qu'on trouve du temps pour interagir avec le chinois, c'est tout ce dont on a besoin.
Quels aspects de l'étude du chinois appréciez-vous le plus ?
Pour faire simple : lire et écrire les caractères chinois, et lire des textes classiques et de la poésie. Pour moi, il n'y a pas de plus grand plaisir, de plus grande joie, dans l'apprentissage du chinois. Les caractères chinois portent en eux tant d'histoire et de sens. C'est très amusant de découvrir d'où ils viennent, comment leur usage a changé (ou n'a pas changé du tout !) au fil des millénaires. Peut-être que le plus amusant, c'est qu'en étant capable de lire le chinois moderne, cela ouvre l'accès à des milliers d'années d'histoire littéraire qui peuvent être lues. Pour moi, c'est vraiment la joie d'étudier le chinois.
Quelles erreurs voyez-vous chez d'autres apprenants de langues ? Que faut-il éviter de faire quand on étudie le chinois ?
Je pense que parfois les apprenants deviennent un peu trop dépendants des manuels et du matériel pédagogique, et ont du mal à s'aventurer dans des domaines qui semblent moins être de l'étude et plus du jeu. Je pense qu'il y a une certaine barrière à franchir entre les deux. Aussi, le chinois ne se termine pas (ou du moins ne devrait pas, selon votre passion) à la fin du cours. Je pense que les cours sont un excellent moyen de poser des bases, mais c'est ce que l'on trouve en dehors des cours qui va faire progresser son chinois.
L'autre chose, qui est un peu liée, c'est que de nombreux apprenants se mettent bien trop de pression. Les tons ! Les traits ! 30 milliards de caractères ! Les transcriptions sur os d'oracle ! Eh bien, tu sais, prends les choses comme elles viennent, et ne regarde pas « tout », regarde seulement ce que tu veux. Tu veux apprendre assez pour lire un journal ? Vas-y. Tu veux pouvoir lire ce pavé ridicule qu'est Le Rêve dans le pavillon rouge ? Pourquoi pas ! Suis simplement tes passions. Tu sais ce que tu veux apprendre, ne sois pas intimidé en essayant de tout apprendre. C'est un inconvénient des manuels, ils donnent l'impression qu'il faut apprendre un peu de tout, alors qu'en réalité, ton chinois peut être aussi spécialisé que ton anglais. Peut-être es-tu plus littéraire, ou un historien déconstructionniste. Chacun a des désirs et des domaines d'intérêt différents. Suis les tiens. N'ai pas l'impression de devoir « tout Apprendre » (avec un A majuscule !). Tu vas te rendre fou.
Des mots ou expressions préférés ?
Mon expression préférée est sans doute : 書中自有顏如玉 (shū zhōng zì yǒu yán rú yù) , c'est comme s'il y avait une beauté dans un livre. Une excellente façon de décrire quelqu'un qui aime lire et ne peut pas en détacher sa tête ! Une autre, plus pour s'amuser, est de qualifier quelqu'un de 豬八戒 (zhū bā jiè) du Voyage vers l'Ouest. Un surnom amusant à utiliser entre amis.
Des anecdotes drôles de votre expérience ? Des erreurs de langue gênantes, des malentendus, des moments surréalistes ?
Un jour, j'ai appris que 曰 était une autre façon de dire 說 (avant de réaliser que c'était du classique), alors je suis allé partout en disant, « 我的朋友曰… » en supposant qu'on pouvait l'échanger avec 說 comme on le fait avec 講. Les gens trouvaient ça surtout adorable, mais je parie qu'un petit nombre pensait que j'étais un gamin pompeux du Jersey qui croyait connaître le chinois mieux que quiconque et, bon sang, il allait parler l'anglais (enfin le chinois) de l'« Empereur ». Quoi qu'il en soit, le fait de raconter ces histoires plus tard en chinois à des amis à Taïwan a toujours été une source constante d'humour.
Des étapes marquantes ? Des moments de « Aha ! », ou eurêka ?
Il y a environ trois mois, je lisais un livre pour ma thèse. Avant cela, c'était toujours très intimidant de prendre un gros livre ou article en chinois et de m'y plonger. C'était très fatigant, tu vois ? C'était toujours comme : « Waouh, 300 pages sur la politique éducative coloniale. Génial. » En anglais, ça m'intéressait, bien sûr, mais en chinois, c'était juste un monstre que je n'étais pas particulièrement motivé à affronter. Je le prenais, j'arrivais à peu près à la moitié, puis je finissais par me fatiguer et le reposer assez vite. Quoi qu'il en soit, un jour, je me suis soudainement retrouvé capable de lire le texte sans avoir envie de m'arrêter ou de chercher quoi que ce soit. Ça a fait « clic » et depuis, les choses sont beaucoup plus faciles.
Je ne sais pas vraiment comment le décrire autrement que, peut-être, avec toute cette exposition (input) cela était finalement devenu une capacité de production (output) inconsciente. Bien sûr, j'ai encore beaucoup de travail, mais c'était incroyablement motivant. Ces moments-là, il faut les savourer ; parfois ils arrivent quand on lit un article, et parfois quand on regarde passivement un panneau. Soudain, on réalise « Je peux lire tout ça ». C'est formidable. Vraiment la meilleure motivation qu'on puisse avoir.
Comment restez-vous motivé en étudiant le chinois ?
Asseyez-vous, détendez-vous et buvez du thé. S'il y a du temps, allez gravir une montagne.
Merci, Greg. De bons conseils ! Moi aussi, je vis pour ces moments « Je peux lire tout ça ! » — j'en ai parlé dans mon interview il y a quelques mois. N'oubliez pas de consulter le blog de Greg ici.
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